Dans mon travail, il est souvent question de la reproductibilité : comment reproduire un objet unique sans pour autant dénaturer sa forme ? On a tous une expérience différente par rapport au livre, j’ai toujours un rapport physique envers le livre, on pourrait comparer les livres à des boîtes que l’on peut ouvrir, des supports destinés à contenir quelque chose. Mon discours envers le livre est de l’ordre de la fascination.

Le livre est un volume palpable dans l’espace, il contient une succession d’espace dans toutes ces pages qui défilent, ces espaces sont blancs et sans mot. Ces blancs traduisent un silence, une quiétude. Ces mots composent des lignes de textes, forgent des paragraphes emprisonnés dans une forme. Ces lignes cadrées dans le livre construisent un rectangle entouré de blanc. Le livre est mon outil d’expression, il forme un cube où je peux mettre en scène mes idées sous forme plastique. Il évolue avec moi, il subit mes doutes et ses transformations. Il est ce que j’ai envie qu’il soit. Il ne trahit pas mes mots, il m’offre matériellement un dialogue avec autrui. Tout est à construire, à inventer.

Cette relation particulière envers le livre est de l’ordre de l’intime, ce rapport est nécessaire pour comprendre ce qu’est un livre, c’est un espace de projection. Il doit surprendre son lecteur, son acteur. J’emploie le terme « acteur » pour démontrer le fait que le lecteur agit physiquement avec le livre. Il manipule l’objet, tous ces sens s’animent face au livre, l’odeur, le toucher, l’ouïe. Comment montrer des livres ? Comment montrer le travail autour du livre ? Comment déployer l’univers du livre dans un espace ?

Lors de mon DNSEP, mon travail se situait après le graphiste, dans chacun des livres qui étaient présents, je proposais de montrer ma vision du travail du graphiste/artiste et cette question revenait sans cesse : comment parler d’un livre ? Mes livres sont parfois sans auteurs, sans contenus, sans textes, sans images, sans éditeurs, sans imprimeurs et difficilement reproductible pour certains. Je ne pense pas savoir tout sur l’histoire du livre et sa complexité qui l’entoure, j’essaye de produire des objets qui me sensibilisent toujours autant, tout en me dirigeant vers cette quête du livre idéal. Mon intérêt pour le livre se nourrit de ce processus de livres qui parle des livres sur les livres, une boucle sans fin.

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